Born From Silence

Born From Silence
¤oralie




Bienvenue.

Là où le silence domine.
Là où le silence subsiste alors que l'air est empli de mots.
Là où le silence devient mots, qui se succèdent, s'entrelacent, se mélangent, en une improbable musique... silencieuse.
Là où sourire forcé, paroles impersonnelles et rire artificiel ne sont plus de mise.
Là où le masque tombe, las de cacher, fatigué de voiler, épuisé de paraître.
Là où de légers alizés se glissent au milieu de violentes bourrasques, amalgame sorti d'un songe.

Là où lorsque le silence se déchire, c'est pour laisser place... au silence.



-$téphanie



N.B : Nous avons écrit tous les textes que nous signons

¤oralie et $téphanie

# Posté le dimanche 04 mai 2008 11:19

Modifié le samedi 09 mai 2009 12:51

Version moderne d'Antigone (d'après la version de Jean Anouilh)

Créon est face à Antigone. Face à une jeune fille dont les deux frères viennent de mourir.
Créon est un chef de gang. Chef d'Etéocle et Polynice, qui sont les frères d'Antigone. Polynice voulait quitter le gang, c'est pourquoi les deux frères se sont entre-tués.
Créon a décidé d'accorder les honneurs funèbres à Etéocle, considérant Polynice comme un traître. Il a décrété que quiconque défendrait ce dernier serait condamné à mort.
Antigone a protesté. Elle est têtue, déterminée, révoltée. Elle a essayé de donner une sépulture correcte à Polynice et s'est faite prendre.
Maintenant, Créon est face à Antigone. Face à sa nièce. Sa nièce qu'il va devoir faire mourir.


Créon et Antigone se font face

CREON
Pourquoi t'obstines-tu à défendre Polynice ? C'était un traître, tu le sais.

ANTIGONE
Peut-être. Mais c'était mon frère.

CREON
Non. Ce n'est pas ton frère. Ce n'est plus ton frère ! Il a quitté notre famille en même temps que le gang. Il n'est plus des nôtres. Il ne le mérite plus. Polynice est un traître, rien d'autre.

ANTIGONE,
s'approchant vivement de lui
Ce n'est pas à toi de décider comment je dois considérer Polynice. Pour moi, Polynice est avant tout mon frère, quoi que tu en penses. Il est mon frère, rien d'autre.

CREON,
levant la main pour l'inciter au calme
Allons, Antigone, ouvre un peu les yeux. Polynice n'a rien fait de bon dans sa vie, et maintenant qu'il est mort pour avoir transgressé notre morale et notre code d'honneur, tu veux absolument le défendre ! Ca n'a pas de sens.


ANTIGONE
Non, ça n'a pas de sens. Rien n'a de sens. La seule chose qui ait un sens pour moi est que Polynice, mon frère, ton neveu, Polynice, qu'il soit bon ou mauvais, est mort. Et le défendre est bien la dernière chose que je lui dois.

CREON
Personne ne doit rien aux traîtres.

ANTIGONE,
véhémente
Selon toi, Polynice était un traître, mais Etéocle ne valait pas mieux que lui ! Mépriser l'un et aduler l'autre, voilà ce qui n'a pas de sens.

CREON
Etéocle, lui, n'a jamais trahi notre gang.

ANTIGONE,
soudain méprisante
Créon, réfléchit un instant. Tu m'as dit d'ouvrir les yeux, et moi, c'est ton pauvre esprit formaté que je te conseille d'ouvrir. Notre code d'honneur et notre morale, cette ridicule morale mise en place dans le but de nous obliger à croire à des notions de bien et de mal déjà établies sans avoir à y réfléchir, à nous mener comme un troupeau de moutons, à nous faire exécuter les ordres comme à un chien bien dressé, ce code d'honneur et cette morale dérisoires sont seulement là pour nous persuader qu'il y a une façon de penser à laquelle chacun doit se plier. Et bien non, ce n'est pas si simple, car chacun pense différemment ! Ce qui est bien pour certains ne le sera pas pour d'autres... Polynice trouvait que ce que nous considérons comme bien est mal. Et toi, tu le vois comme un traître parce qu'il n'a pas la même morale que nous. La "bonne" morale ? Mais tu sais, on n'est rien pour décider de ce qui est bon ou mauvais.

CREON,
agacé
Tais-toi, tu es encore une gamine, tu ne sais pas ce que tu dis. Moi, je veux te sauver, malgré ton mauvais comportement et ton sale caractère. Mais tu balayes ma main tendue comme tu chasserais une mouche. (Puis, observant attentivement l'expression sur le visage d'Antigone) Et bien, pourquoi me regardes-tu comme ça ?

ANTIGONE,
un imperceptible sourire sur les lèvres
Oh, pour rien. Je me demandais juste si tes parents n'étaient pas des ordinateurs.

CREON,
franchement énervé
Tu as de la chance que je sois ton oncle et que j'aie de l'affection pour toi. Mais sache que tout le monde içi ne supportera pas ton insolence.

ANTIGONE,
toujours souriante
Evidemment. Tout le monde n'aime pas trop les moutons qui se révoltent, c'est normal.

CREON,
faisant son possible pour se maîtriser
Tu es jeune, les jeunes pensent tous qu'ils sont différents des autres, ils remettent tout en cause et se sentent capables de changer le monde. Mais tu verras en grandissant que ce monde n'est qu'un amas gluant duquel les hommes font leur possible pour s'en sortir. Tu comprendras que tu es comme les autres et feras comme tout le monde.

ANTIGONE
Ah, c'est donc cela, devenir adulte ? Je comprends. Dans ce cas, je préfère mourir avant d'atteindre l'apogée du pathétique.

CREON
Tu veux donc vraiment mourir ?

ANTIGONE
Il faut croire que oui.

CREON
Antigone, j'ai tout fait pour te sauver, mais personne ne pourra t'obliger à continuer à vivre. (Lançant un dernier regard à Antigone et s'adressant à deux membres du gang) Emmenez-la !

ANTIGONE,
méprisante
Enfin, Créon !


-$téphanie
le 15/05/07







"There's no pride to be found, when you follow sheep around"
LostProphets, A Town Called Hypocrisy



Barbara Schulz et Robert Hossein - Antigone
Version moderne d'Antigone (d'après la version de Jean Anouilh)

# Posté le dimanche 04 mai 2008 12:09

Modifié le jeudi 16 avril 2009 03:49

Livre...

Qu'est ce qu'un livre ?


Des morceaux de vie inertes déposés sur du papier, prêts à revivre n'importe quand du moment que des yeux se posent sur les lettres, les mots, les phrases, et que ces derniers se mouvent en une danse effrénée, enflammant l'esprit du lecteur.


Un pavé aussi lourd que du plomb, aussi froid que du marbre, aussi imposant qu'une montagne, qui t'écrase de toute sa hauteur, sarcastique et méprisant, et dont les mots qui le composent s'accrochent à ta cheville, t'enchaînant à ton ignorance avant de se perdre dans le gouffre obscur de ta pensée.

Le triste découragement lorsqu'il s'avère que sa si médiocre intelligence se trouve dans l'incapacité de "soulever la dalle des mots" [George Perros]


Une petite fée dont la musique envoûtante de son rire cristallin t'entraîne dans le cours des pages où les mots se déversent comme l'eau limpide d'une cascade.


Un esprit maléfique qui n'a pas réussi à trouver les clés de ta conscience et force la serrure pour entrer par effraction dans ta tête, bousculant tes pensées, en arrachant certaines pour les jeter contre ton crâne jusqu'à ce que tu éprouves le besoin d'aller prendre un doliprane.

La terrible torture du livre imposé par un professeur de français sans scrupule...


Un rectangle effrayant de rationalité à l'intérieur duquel esprits cartésiens côtoient rigueur et concision complétés par des questions qui te donnent envie de t'enfuir en courant.

Oui, oui, c'est le livre de maths...


Une mélodie entêtante qui t'attire inexorablement à elle, vers qui tes doigts se tendent et courent au rythme des pages tandis que ton esprit accompagne chaque mot et chaque phrase dans leur symphonie en Lettre Majeure.


Un coffre fort verrouillé entouré de mystère, dont tu as trouvé la clé sur la serrure en t'approchant, te permettant d'accéder à un trésor inestimable.




Et pour vous, qu'est ce qu'un livre ?


-$téphanie
le 09/04/08

Livre...

# Posté le mardi 06 mai 2008 12:14

Modifié le mardi 13 janvier 2009 14:26

FRAD

FRAD
Le mardi 6 mai 2008, intervention du FRAD (Formateur Relais Anti Drogue) au lycée. Intervention très... intéressante. Non, pas au niveau du contenu-on commence à connaître la chanson par coeur- mais au niveau de la façon dont la chose est présentée.
Intervention menée par un gendarme, naturellement. Ce Garant de la Sécurité veillant au respect de la loi sur laquelle il n'a -bien sûr- pas son mot à dire.
Fier, en uniforme, la tête haute, il se pavanait dans la classe, mesurant son débit de parole, ménageant son auditoire : phrases grandiloquentes suivies de silences éloquents.
Il parlait, montrait, persuadé de son effet, le code pénal à portée de main. Il le brandissait parfois, comme la preuve irréfutable de sa soumission aux autorités, ces dernières étant tellement plus aptes que nous, pauvres citoyens, à décider de nos droits, devoirs et interdictions.

Il parlait, donc. S'hasardait à comparer le consommateur à un pigeon. Comparaison qui aurait pu paraître fort pertinente... si elle avait été prononcée par quelqu'un d'autre.
Un gendarme est un militaire, chien de garde de l'Etat.
Pigeon ?
Chien de garde ?
Un pigeon n'est pas un chien de garde, soit. Toujours est-il que lorsqu'on est l'un, il semble très déplacé de critiquer l'autre.

"Il n'y a pas de drogues douces et de drogues dures ! Ce sont toutes des drogues !" (je l'attendais avec impatience, cette phrase). Evidemment, chacun sait qu'il n'y a aucune différence entre fumer une clope et prendre un rail de coke...

Un adolescent de seize ans, quatre mois de prison pour consommation et distribution de "substances psychotropes illicites". Elève brillant qui jouait au foot avec ses copains. Ses résultats dégringolent tandis que ce même garçon retrouve ces mêmes copains pour une activité singulièrement différente.
Quatre mois de prison. Voilà tout ce que l'on retient.
Sans se demander : pourquoi un brillant élève de seize ans s'est-il mis à fumer du shit ? N'y aurait-il pas un problème quelque part, par hasard ?
Délit.
Répression.
Délit.
Répression.
Mais, au fait, pourquoi y a-t-il délit ?...
Certains enfants des pays du tiers monde qui survivent dans la rue en se prostituant se droguent eux aussi. Doit-on pour autant leur jeter la pierre ? Les incarcérer ? Remarquez, ils vivraient peut-être mieux en prison...


Est ce que ces interventions sont vraiment utiles ? Elles pourraient l'être, si au lieu de nous dire qu'il ne faut surtout pas se droguer, d'abord parce que c'est dangereux pour la santé, ensuite et surtout parce que c'est écrit dans le code pénal, ô Bible vénérée devant laquelle je m'incline... si à la place on nous disait : "vous êtes informés des risques sanitaires et judiciaires que vous courrez en vous droguant, à vous de vous assumer", ça nous donnerait beaucoup moins envie d'essayer, à mon avis.


-$téphanie

P.S : je suis consciente de ne faire qu'effleurer le sujet, alors si vous avez des choses à ajouter, compléter, contester, n'hésitez pas.

# Posté le mardi 13 mai 2008 10:44

Modifié le samedi 12 juillet 2008 08:11

"We give this life to our children and teach them to hate this place" [Apocalyptica, Life Burns]

Un monde de rêve...

... Où le mot décadence règne en maître
Eclairant l'ignorance qui s'élève
L'insouciance nous mène tous à terre


Mangez la poussière, mes Amis !
Car Rien n'est Meilleur que ça
Buvez votre sang, Saluez le mépris
C'est le chemin vers le Bonheur, croyez moi !

Peu importe tout le reste du monde
Ce n'est pas de ton âge, ne t'en préoccupe pas
Seule ta petite personne compte
Demande, commande, réprimande, c'est toi le roi

Personne ne peut t'aider, tu es trop intimidant
Tu coules et te noies, faisant mine d'appeler à l'aide
Personne ne peut te comprendre, tu es trop différent
Ces imbéciles qui t'entourent croient juste te connaître

Viens, prends tes bagages, abandonne ton courage
Suis moi, tu peux me faire confiance, je vais te guider
Ton coeur s'enflamme, n'oublie pas tes larmes et tes lames
Et saute le premier dans l'enfer ouvert à tes pieds.

-$téphanie

"Alors il s'assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse"
[La Confession d'un enfant du siècle, Alfred de Musset]
"We give this life to our children and teach them to hate this place" [Apocalyptica, Life Burns]
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# Posté le vendredi 06 juin 2008 10:27

Modifié le dimanche 11 janvier 2009 07:57